Le journal d'Haroun
L'IA veut peindre, composer, écrire : et moi, Haroun, je bats les cartes depuis mille ans
L'IA générative fait des étincelles dans la création, et certains se demandent si l'artiste va finir au chômage. Moi, je ris jaune : les cartes n'ont pas attendu les algorithmes pour prédire l'avenir, et pourtant je suis toujours là, avec mon humour de vieux schnock.
Ah, l'intelligence artificielle qui s'invite dans l'art ! On dirait une blague de ma grand-mère : « T'as vu, même les ordis s'y mettent, bientôt ils vont te piquer ton boulot de cartomancien. » Sauf que là, c'est pas une blague, c'est selon Les Numériques une vraie révolution. Les machines pondent des tableaux, des symphonies, des romans... et certains s'extasient devant la créativité de la bête. Moi, je me marre doucement.
Parce que bon, soyons clairs : je fais ce métier depuis des siècles, et je n'ai jamais eu besoin d'un processeur pour voir que l'humanité est en pleine crise existentielle. Les gens viennent me voir avec leurs peurs, leurs espoirs, leurs culs entre deux chaises. Et là, d'un coup, ils se pâment devant une IA qui dessine un chat avec un chapeau ? Franchement ?
Créativité artificielle ou miroir déformant ?
Je ne crache pas dans la soupe : ces outils sont bluffants, et si j'étais un peu moins vieux jeu, je m'en servirais peut-être pour illustrer mes tirages. Mais il y a un truc qui me chiffonne. L'art, c'est pas juste assembler des pixels ou des notes au hasard. C'est un cri de l'âme, un truc viscéral. Quand je tire les cartes, je ne lis pas un algorithme : je lis une histoire, avec ses blessures et ses éclats de rire. L'IA, elle, elle régurgite ce qu'on lui a appris. C'est comme demander à un perroquet de te raconter ta vie : il répète, il ne ressent pas.
Et pourtant, je vois bien ce qui se trame. Les gens ont peur de perdre leur singularité, alors ils se jettent sur les machines comme sur une bouée de sauvetage. « Regardez, on a créé un truc qui crée ! On est trop forts ! » Sauf que pendant ce temps, ils oublient de se regarder dans le miroir. C'est là que les cartes entrent en scène. Elles ne vont pas te prédire si l'IA va remplacer les artistes, mais elles vont te montrer où toi, tu en es dans ton rapport à la création, à l'originalité, à cette foutue quête de sens. Parce que c'est ça, le vrai sujet : qu'est-ce qu'on fout de notre humanité quand les machines font tout à notre place ?
Alors, on en parle ? Tu me dis ce que tu veux créer, toi, avec tes tripes, et moi je te sors les cartes. tire les cartes gratuitement avec moi. On rigolera bien, je te le promets.

Et si tu as encore des doutes sur le fait que l'IA et moi, on n'est pas dans la même cour, rappelle-toi comme je disais dans « L'IA au boulot : les boîtes françaises lâchent les cartes et je les ramasse » : les boîtes peuvent bien adopter tous les robots du monde, elles finiront toujours par croiser mon regard fatigué. Et c'est tant mieux.


